LA PRESTIGIEUSE HISTOIRE DE LA TAPISSERIE D'AUBUSSON :

   La légende - elle est belle - donne une origine sarrasine à la tapisserie d'Aubusson au VIIème siècle. Plus prosaïquement l'histoire retient que c'est avec Marie d'Avesnes, comtesse de Hainaut (une Flamande) épousant Louis de France, duc de Bourbon, comte de la Marche au début du XIVème siècle que les lissiers flamands apportent leur savoir-faire jusqu'en Marche. L'eau de la Creuse était pure, parfaitement apte à travailler et à teindre les laines du pays, semblables en qualité aux meilleures laines d'Angleterre.

   La tapisserie s'implante donc lentement. Elle a pris pour berceau, Felletin, puis Aubusson et Bellegarde-en-Marche. Après les "mille-fleurs" d'un graphisme raffiné, les premières tapisseries de la Marche sont les admirables "Verdures à Feuilles d'Aristoloche" du XVIème siècle. C'est au XVIIème siècle que furent tissées les célèbres "Verdures" et surtout que les ateliers furent élevés au rang de Manufactures Royales en 1665.

   Malheureusement, la révocation de l'Édit de Nantes en 1685 marque le premier déclin de la cité Aubussonnaise.

 Au XVIIIème siècle, l'activité reprend et s'amplifie ; Les tapisseries représentant des pastorales, des oeuvres exotiques et

"VERDURE-XVII eme siècle"

chinoises seront signées BOUCHER, OUDRY, PILLEMENT... A la fin du siècle, la révolution française marquera le deuxième déclin de la tapisserie. 

   Le XIXème siècle verra une production pauvre en création, tournée vers le tapis et les ensembles pour mobilier. 

   Au cours du présent siècle, pendant la seconde guerre mondiale, Jean LURÇAT relancera ce métier d'art avec un retentissement considérable et mondial.

   D'autres artistes s'y engageront, PICART LE DOUX, GROMAIRE,  SAINT SAËNS, PETIT. Suivra une génération de peintres plus 

 

 

 

 

"LE CORBUSIER
-Bonjour Calder
Atelier R. Picaud
contemporains, CALDER, PRASSINOS, WOGENSKY, LE CORBUSIER, GLEB, TOURLIERE, TEXIER, RIBERZANI, SAUTOUR-GAILLARD, FADAT...    Après cinq siècles d'histoire, la tapisserie est toujours vivante.
 
   Elle se pense et se conçoit actuellement comme un des éléments de la décoration des futurs grands espaces de l'architecture internationale.
 
Jean-Luc PASTY
Jean Lurçat
-Phébus et les ailes"
Atelier R. Picaud

   Depuis son origine, une tapisserie d'Aubusson est toujours exécutée à la main sur un métier de basse-lisse.Trois professionnels sont nécessaires pour réaliser une tapisserie d'Aubusson, un artiste ou cartonnier, un teinturier, un lissier.

   Le peintre cartonnier réalise le "carton" qui est le modèle inversé de l'œuvre originale,il est à grandeur d'exécution. Ce peut être une peinture, un dessin numéroté ou une photographie.

   Comme au Moyen âge, le bleu, le rouge et le jaune servent au teinturier pour obtenir les tons qui donneront aux laines des couleurs magiques et chatoyantes. On peut le considérer comme l'alchimiste de la profession.

   Une chaîne en coton est tendue sur le métier. Le carton est placé sous celle-ci. Le lissier devient alors le véritable maître d'ouvrage, il lui faut un mois pour tisser un mètre carré à l'aide de "flûtes".

   A la tombée de métier, la tapisserie d'Aubusson est munie d'un certificat d'authenticité garantissant son origine et le numéro de l'œuvre. Il est signé par l'atelier fabricant et bien entendu par l'artiste.

"UN CARTON DE TAPISSERIE"

"LA TEINTURE"

"LES CASIERS A LAINE ET LA ROUE"

"LE TISSAGE "